Entretien et filtres
Les étapes d'entretien d'une cabine

Réponse courte. L'entretien d'une cabine de peinture se découpe en quatre rythmes : des vérifications quotidiennes faites par l'atelier (indicateur de colmatage, propreté), un nettoyage régulier des parois et du sol, des remplacements de filtres déclenchés par la mesure, et un entretien technique périodique du brûleur, des ventilateurs et des gaines, couronné au minimum chaque année par le contrôle de la ventilation.
Une cabine bien entretenue protège le peintre, sort des finitions propres et passe ses contrôles sans surprise. Une cabine négligée finit toujours par le faire savoir, souvent au moment le plus chargé de l'année. Voici l'organisation que nous proposons aux ateliers.
Qui fait quoi dans l'entretien d'une cabine ?
Le guide INRS ED 839, consacré aux cabines d'application par pulvérisation, pose une répartition simple. L'entreprise utilisatrice doit assurer :
- une surveillance du bon état par une personne compétente de son personnel ;
- un entretien périodique par une personne qualifiée, qui peut être le fabricant ou l'installateur.
Dans un atelier, cela se traduit par un référent cabine, souvent le peintre, qui fait les gestes courants et note ce qu'il voit, et par un intervenant extérieur pour les organes techniques. Le guide précise aussi que les techniques de surveillance en cours de fonctionnement doivent rester simples, pour que l'utilisateur apprécie rapidement l'état de la ventilation.
Chaque jour : trois regards avant de fermer
Les gestes quotidiens prennent quelques minutes, à faire de préférence en fin de journée, cabine encore en marche.
- Lire l'indicateur de pression différentielle des filtres. L'INRS conseille de l'examiner avant chaque arrêt de travail, quand le régime de ventilation est bien établi.
- Regarder le sol : dépôts sur le caillebotis, zones de filtre visiblement chargées sous les grilles, objets oubliés.
- Ranger : aucun pot, chiffon ni emballage ne doit rester dans la cabine. Le guide ED 6406 sur la carrosserie rappelle que les poubelles se vident au minimum une fois par jour, en fin de journée.

Ces trois regards suffisent à détecter la plupart des dérives avant qu'elles ne touchent la finition.
Chaque semaine : nettoyer sans abîmer
Le nettoyage régulier porte sur les surfaces où la peinture se dépose : parois, vitrages d'éclairage, portes, caillebotis. Quelques principes :
- protéger plutôt que gratter : des films ou revêtements de protection sur les parois facilitent le nettoyage et se remplacent ;
- dégager les grilles du caillebotis pour que l'air passe sur toute la surface, l'INRS insistant sur une extraction répartie sur tout le sol ;
- nettoyer les vitrages d'éclairage, dont l'encrassement fausse la perception des teintes ;
- proscrire toute source d'inflammation pendant le nettoyage, en particulier si des produits solvantés sont utilisés.
À la demande : les filtres, déclenchés par la mesure
Les filtres ne se changent pas à date fixe. Les seules mesures fiables pour décider, selon l'ED 839, sont les mesures de pression différentielle avant et après le filtre. Le guide ajoute une réserve pour les filtres de sol en matelas de fibres, dont la perte de charge n'augmente qu'à l'approche du colmatage total : il faut les examiner à l'œil et remplacer les zones visiblement colmatées.
La méthode de lecture est expliquée dans l'article sur le bon moment pour changer un filtre. Chaque remplacement se note au registre, avec la date et le type de filtre posé.
Périodiquement : les organes techniques
Au-delà des filtres, plusieurs organes demandent l'intervention d'une personne qualifiée. Le tableau des contrôles de l'ED 839 donne des repères de méthode :
| Organe | Ce qu'on vérifie | Moyen indiqué par l'INRS |
|---|---|---|
| Gaines | propreté, étanchéité | trappes de visite, nettoyage |
| Écoulement d'air | sens et homogénéité | fumigène |
| Ventilateurs | vitesse de rotation, puissance | stroboscope ou tachymètre, wattmètre |
| Filtres | colmatage | manomètre différentiel |
| Soufflage et aspiration | débits | anémomètre ou tube de Pitot |
Le guide demande aussi de contrôler les circuits d'air, dont l'étanchéité de l'échangeur et le fonctionnement des registres, ainsi que les appareils de chauffage. Le brûleur, en particulier, relève d'un entretien spécialisé.
Chaque année, au minimum : le contrôle de la ventilation
Une cabine est un local à pollution spécifique. L'arrêté du 8 octobre 1987 impose, au minimum tous les ans, le contrôle du débit global d'air extrait, des pressions statiques ou des vitesses aux points caractéristiques, et l'examen de l'état de tous les éléments de l'installation. Les résultats sont portés au dossier de maintenance.
Pour une cabine VL à ventilation verticale, l'INRS recommande une moyenne d'au moins 0,40 m/s sur dix points autour du véhicule, aucun point sous 0,30 m/s. Tout ce qui précède (filtres, ventilateurs, gaines) conditionne ce résultat : un entretien suivi toute l'année rend le contrôle annuel presque formel. Tout le déroulé du contrôle annuel de la ventilation a son article.
Tracer : un registre qui sert vraiment
L'ED 839 recommande de consigner dans un registre :
- les plans de l'installation avec les points de mesure ;
- les calculs théoriques de l'installateur et les valeurs mesurées à la réception ;
- le calendrier d'entretien ;
- les opérations réalisées et leurs dates, dont les changements de médias filtrants ;
- les modifications apportées.
Ce registre sert à l'atelier, qui voit l'évolution de sa cabine, au contrôleur de la ventilation et, pour une carrosserie classée au titre de la rubrique ICPE 2930, à l'organisme chargé du contrôle périodique. C'est aussi un argument le jour où l'on revend la cabine.
Entretien ponctuel ou suivi régulier ?
Certains ateliers préfèrent appeler un technicien à la panne, d'autres planifier des visites. Notre conseil : planifier au moins le contrôle annuel et l'entretien du chauffage avant la saison froide, et garder le reste en interne avec un registre bien tenu. Nous proposons les deux formules sur notre page entretien et filtres de cabine, et nous intégrons les écarts relevés à une mise aux normes quand ils touchent la conformité.


