Installation
Laboratoire peinture : l'aménager

Réponse courte. Le laboratoire de peinture, où l'on pèse, mélange et prépare les teintes, se place contre la cabine et fonctionne lui-même comme un local ventilé en permanence. Le guide INRS ED 6406 sur la carrosserie en détaille l'aménagement : un poste de pesée et de mélange aspirant, des pots stockés fermés sur rétention, un nettoyage des pistolets en enceinte fermée, et des essais de teinte faits de préférence en cabine. Bien conçu, il fait gagner du temps au peintre et réduit son exposition.
C'est souvent la pièce oubliée d'un projet de cabine. Pourtant, c'est là que le peintre passe une bonne partie de sa journée, au contact direct des produits.
Pourquoi le laboratoire doit toucher la cabine
Le guide ED 6406 recommande d'optimiser le parcours des véhicules et des produits chimiques pour réduire les risques d'exposition, en citant précisément l'exemple d'un laboratoire de préparation des peintures contigu à la cabine. Il conseille aussi de préparer les produits à proximité de leur lieu d'application, pour éviter les déversements lors du transport interne.
Concrètement, une porte entre le laboratoire et la cabine évite de traverser l'atelier un godet à la main. C'est un choix qui se fait au moment de l'implantation de la cabine, pas après.
Deux façons de ventiler le laboratoire
L'ED 6406 propose deux stratégies.

La ventilation verticale descendante. Le laboratoire est conçu comme une cabine : soufflage d'air neuf tempéré sur tout le plafond et sol aspirant sur toute sa surface. Le guide vise une vitesse moyenne d'au moins 0,3 m/s dans la section ventilée, aucun point sous 0,25 m/s, laboratoire vide. Cette solution traite toutes les sources de pollution sans autre captage localisé.
La ventilation horizontale. Les postes ventilés sont alignés le long d'une même paroi, et un dispositif de compensation en air neuf tempéré se trouve sur la paroi opposée. Chaque source de pollution, automate de nettoyage et poubelles compris, a alors son propre captage.
Dans tous les cas, le guide insiste : aucun polluant ne doit pouvoir s'échapper vers l'atelier, et le laboratoire bénéficie d'une ventilation permanente. Hors présence d'opérateur, une ventilation réduite peut être tolérée, à condition de garder le laboratoire en légère dépression ; le guide retient une différence de pression de l'ordre de 20 à 30 Pa comme base de calcul et un débit résiduel au minimum de l'ordre de 500 m³/h.
Peser et mélanger sous aspiration
C'est le cœur du laboratoire. L'ED 6406 le décrit comme une enceinte à façade ouverte, ventilée par un dosseret aspirant qui occupe toute la surface arrière. Ses repères :
- une vitesse d'air d'au moins 0,3 m/s en tout point du plan d'ouverture, au point d'émission le plus éloigné du dosseret ;
- une largeur d'au moins 1 m, pour contenir équipements et produits ;
- un plan de travail capable de contenir et récupérer tout déversement, avec un bac de rétention ;
- un ventilateur désolidarisé de la structure, pour ne pas perturber la pesée par des vibrations.
Lorsque le calcul des mélanges se fait sur ordinateur, le guide recommande un emplacement propre et séparé des postes de manipulation.
Stocker les teintes et les produits du jour
Le laboratoire n'est pas un local de stockage. Le guide distingue :
- les pots de teinte, entreposés sur rétention, couvercles hermétiquement fermés, près du poste de pesée ; ceux déjà ouverts vont dans une armoire ventilée tenue en dépression (le guide cite 20 à 30 Pa) ;
- les produits du quotidien (vernis, diluants, nettoyants), de préférence en bidons de moins de 5 L, fermés et placés dans une zone ventilée pendant la journée, puis replacés en fin de journée dans l'armoire ventilée ou le local de stockage.
Bases et durcisseurs usagés se jettent dans des récipients fermés distincts, et les poubelles se vident au moins une fois par jour.
Les essais de teinte : de préférence en cabine
Un colorimètre réduit fortement le nombre d'essais. Quand un essai reste nécessaire, l'aérosol doit être capté au plus près de son émission, ce qui suppose un espace confiné et ventilé. L'ED 6406 conseille donc de réaliser les essais de teinte dans la cabine de peinture. À défaut, un poste d'essai dédié, à dosseret aspirant, doit assurer une vitesse moyenne d'au moins 0,5 m/s dans son plan d'ouverture, aucun point sous 0,4 m/s, et être assez profond pour que le pistolet reste dans l'enceinte.
Le nettoyage des pistolets
Le guide recommande un automate de nettoyage fermé et ventilé, dont l'enceinte ne peut s'ouvrir en cours de cycle, et qui assure toutes les étapes, séchage compris. Pour une carrosserie déclarée au titre de la rubrique ICPE 2930, l'arrêté du 4 juin 2004 va dans le même sens : les opérations de nettoyage ou de dégraissage se font dans une enceinte fermée permettant la récupération des solvants, ou par un moyen équivalent.
La sécurité incendie du laboratoire
Même ventilé, le laboratoire reste une zone à risque. Le guide cite la mise à la terre des équipements, des vêtements et chaussures dissipateurs, des prises et appareils compatibles avec une atmosphère explosive, et déconseille le chauffage d'appoint : si l'air doit être réchauffé, c'est par la compensation d'air.
Intégrer le laboratoire au projet de cabine
Nous dessinons le laboratoire en même temps que la cabine : position de la porte de communication, type de ventilation, poste de pesée, armoire ventilée, automate de nettoyage. C'est plus simple et moins coûteux que d'ajouter un laboratoire à un atelier déjà aménagé. Ce travail fait partie de nos études d'installation de cabine de peinture ; pour un laboratoire existant non ventilé, nous le traitons en mise aux normes. Côté budget, un laboratoire de peinture au prix catalogue figure dans nos tarifs sourcés.


