Aller au contenu

Installation

Installation d'une cabine : les étapes

5 min de lectureInstallation
Cabine blanche à double porte en cours d'installation, gaine souple raccordée au plafond et échafaudage roulant à côté

Réponse courte. L'installation d'une cabine de peinture suit sept étapes : relevé du local et cahier des charges, génie civil (fosse ou soubassement), montage de l'enveloppe et du plénum, pose du groupe, des gaines et de la cheminée, raccordements, réglages avec mesures de réception, puis prise en main par l'atelier. Chaque étape conditionne la suivante, et c'est la première qui évite la plupart des mauvaises surprises.

Voici le déroulé tel que nous le menons dans une carrosserie, du premier rendez-vous à la première voiture peinte.

Étape 1 : relevé du local et cahier des charges

Tout commence par des mesures et des questions. Côté local : longueur, largeur, hauteur sous charpente, nature de la dalle, accès des véhicules, position possible du groupe et du rejet, arrivée d'électricité et de gaz. Côté activité : véhicules peints, cadence, produits utilisés, besoin de séchage.

Le guide INRS ED 839 propose une liste de points à formaliser dans le cahier des charges d'une cabine : destination et type de cabine, dimensions utiles, accès et issues de secours, comportement au feu, vitesses d'air, ventilateurs, caisson de soufflage, extraction, dispositif d'alarme d'insuffisance de ventilation, chauffage, filtration, rejet, asservissements, installation électrique, éclairage et bruit. C'est notre trame de départ.

Deux repères de dimensionnement du même guide : environ 1 m entre les parois et le véhicule quand le peintre tourne autour, et au moins 1 m entre le haut du véhicule et le plafond.

Étape 2 : fosse ou soubassement

L'air pollué sort par le sol. Deux solutions :

  • la fosse béton, creusée dans la dalle, qui laisse le plancher de la cabine au niveau de l'atelier ;
  • le soubassement métallique, posé sur la dalle existante, qui rehausse le plancher et impose une rampe d'accès.

Cabine de peinture en cours de montage : soubassement métallique galvanisé posé sur la dalle, grilles de caillebotis en place, parois blanches et porte de service déjà montées

L'ED 839 note qu'une profondeur suffisante de la fosse ou des caissons d'extraction favorise la verticalité du flux d'air, et que l'extraction sur toute la surface du sol est la solution à privilégier. Le choix se fait avec la hauteur disponible : un soubassement consomme de la hauteur que l'on doit retrouver au-dessus du véhicule.

Étape 3 : montage de l'enveloppe et du plénum

Les panneaux sont assemblés sur la structure, les portes réglées, les joints posés. Le plénum, ce caisson qui forme le plafond et répartit l'air neuf, est monté avec ses cadres de filtres. L'INRS insiste sur un plénum qui occupe la plus grande partie possible du plafond et sur des pans coupés d'éclairage réduits au maximum, car ils créent des turbulences.

Étape 4 : groupe, gaines et cheminée

Le groupe de ventilation et de chauffage est mis en place, à l'intérieur ou à l'extérieur du bâtiment. Les gaines de soufflage et d'extraction sont posées. Quelques règles guident ce lot :

  • l'entrée d'air dans le plénum : l'ED 839 a observé qu'une vitesse supérieure à 5 m/s à l'entrée du plénum provoque des turbulences dans la cabine, d'où une jonction évasée entre gaine et plénum ;
  • la prise d'air neuf : prise à l'extérieur, dans une zone non polluée, loin du rejet ;
  • le rejet : un conduit à axe vertical, sans chapeau ni obstacle au débouché, à une altitude sensiblement supérieure aux obstacles voisins, selon l'ED 839 ; pour une carrosserie déclarée au titre de la rubrique 2930, l'arrêté du 4 juin 2004 demande aussi un débouché éloigné au maximum des habitations et des prises d'air frais, sans chapeau chinois.

Étape 5 : raccordements

Viennent ensuite l'électricité (armoire, éclairage, ventilateurs), le gaz ou le fioul pour le chauffage, et l'air comprimé jusqu'aux prises de la cabine. C'est aussi à cette étape que l'on câble les asservissements : l'ED 839 demande que les pistolets ne puissent fonctionner que si la ventilation tourne, qu'en position séchage l'application soit impossible, et qu'aucun recyclage d'air ne soit possible pendant l'application.

Étape 6 : réglages et mesures de réception

La cabine tourne, les débits se règlent, le brûleur se met au point. Puis on mesure. Pour une cabine VL à ventilation verticale, le protocole de l'ED 839 prévoit dix points autour d'un véhicule, à 0,50 m de ses parois et 0,90 m du sol, avec une moyenne d'au moins 0,40 m/s et aucun point sous 0,30 m/s. Les valeurs obtenues sont consignées : elles servent de référence pour tous les contrôles futurs.

Le guide recommande de réceptionner l'installation en comparant ses caractéristiques au cahier des charges, puis de faire un premier contrôle périodique dans les premiers mois suivant la mise en service.

Étape 7 : prise en main par l'atelier

Une cabine bien posée peut être mal utilisée. Avant de partir, nous montrons :

  • la lecture de l'indicateur de colmatage des filtres, à faire avant chaque arrêt de travail ;
  • les cycles de l'automate et les sécurités ;
  • le calendrier d'entretien et la tenue du registre ;
  • ce qu'il faut noter pour le contrôle annuel de la ventilation.

Les erreurs de chantier que nous évitons

  • Commander la cabine avant le relevé : la hauteur sous charpente ou la place du groupe révèle souvent une contrainte que le catalogue ignore.
  • Oublier la prise d'air neuf : placée près du rejet, elle fait respirer à la cabine son propre air vicié.
  • Négliger les asservissements au câblage : ils sont plus simples à poser au montage qu'à rajouter ensuite.
  • Ne pas garder les valeurs de réception : sans elles, le contrôle annuel n'a aucun point de comparaison.

Combien de temps et quel budget ?

La durée dépend surtout du génie civil et des raccordements, et le budget se construit lot par lot : cabine, transport, génie civil, gaines, cheminée, électricité, énergie, mise en route. Sur la page Tarifs, la pose apparaît à part de la cabine seule, chaque prix publié avec sa source.

Pour lancer une étude, décrivez-nous votre atelier sur notre page installation de cabine de peinture. Si votre atelier est une installation classée, nous intégrons dès l'étude les points vus en mise aux normes, pour que la cabine soit conforme le jour de sa mise en route.

FAQ

Questions fréquentes

Par quoi commence l'installation d'une cabine de peinture ?

Par un relevé du local et un cahier des charges : dimensions utiles, véhicules peints, énergie disponible, emplacement du groupe et du rejet. Le guide INRS ED 839 liste les points à y préciser, du comportement au feu à l'éclairage en passant par la ventilation, la filtration et les asservissements.

Faut-il forcément creuser une fosse ?

Non. L'extraction peut se faire par une fosse béton ou par un soubassement métallique posé sur la dalle, avec une rampe d'accès. Le choix dépend du sol, de la hauteur disponible et de la façon dont les véhicules entrent dans la cabine.

Quand la cabine est-elle contrôlée après la pose ?

À la mise en route, par des mesures de réception comparées au cahier des charges, puis périodiquement. Le guide INRS ED 839 recommande un premier contrôle périodique dans les premiers mois suivant la mise en service, et l'arrêté du 8 octobre 1987 impose un contrôle au minimum annuel.

Demandes reçues par formulaire, 7 jours sur 7

Parlons de votre cabine de peinture

Quatre questions sur votre atelier et votre projet, et nous revenons vers vous.